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La 5G à l’assaut du monde : pourquoi c’est du sérieux

La 5G à l’assaut du monde : pourquoi c’est du sérieux

La 5G incarne bien plus que la promesse d’une navigation plus rapide sur votre smartphone. Des technologies à l’agriculture, en passant par la médecine et bien d’autres secteurs, la 5e génération de réseau mobile promet de réinventer nos vies et notre rapport au monde. Le point sur cette technologie qui suscite les plus grands espoirs, mais aussi de nombreuses inquiétudes. 

Au commencement était la 1G

Revenons un instant sur l’ampleur des avancées réalisées en quelques décennies seulement. Tout commence dans les années 1980 avec la naissance de la 1G. La première génération de réseau assure alors une vitesse maximale de transfert de 2,4 kbit/s et permet uniquement de passer des appels. Place ensuite à la 2G, qui fait son apparition en 1991. Plus rapide, cette deuxième génération atteint 50 kbit/s et, grande nouveauté, prend aussi en charge SMS et MMS. 

Très vite, c’est au tour de la 3G de faire de nouveaux heureux. Avec des taux de transferts atteignant 2 Mbit/s, cette 3e génération de réseau sonne le coup d’envoi de l’Internet mobile. Nous sommes alors en 1998 et les utilisateurs peuvent désormais transférer des données ou passer des appels en visioconférence. Enfin, à la fin des années 2000, la 4G repousse encore les frontières du possible avec des débits compris entre 10 et 100 Mbit/s. Consultation d’e-mails, appels FaceTime, vidéos en streaming, YouTube... tous ces apanages de la vie moderne sont nés avec la 4e génération de réseau mobile.

En comparaison avec sa grande sœur, la 5G promet des gains significatifs en termes de latence et de bande passante, ce qui devrait se traduire par une accélération des transferts de données et une augmentation du nombre d’objets connectés. Qualcomm, le leader des puces mobiles, estime ainsi que les téléchargements pourraient être jusqu’à 20 fois plus rapides qu’avec la 4G, permettant aux utilisateurs mobiles de charger une vidéo 4K en seulement quelques secondes. Mais les implications de la 5G sont loin de se résumer à des questions de débit.

La révolution 5G au pas de charge

Internet des objets (IoT)

L’IoT se définit comme un réseau d’objets connectés à Internet. Devant cette nouvelle tendance, de nombreux secteurs se sont déjà lancés dans l’aventure et la liste de ces objets ne cesse de s’allonger : du grille-pain intelligent à la smart TV, en passant par les jouets ou les systèmes de sécurité connectés. 

Vous l’aurez compris, la 5G va permettre l’essor d’une « flotte connectée » et des avancées inédites dans nos sociétés.

L’une des grandes nouveautés à venir concerne la mise en place d’un réseau automobile intelligent. Si la voiture autonome n’en est qu’à ses balbutiements, la 5G devrait néanmoins permettre aux nouveaux véhicules de communiquer entre eux. Ils pourront ainsi s’informer des problèmes de circulation ou encore négocier les priorités à un stop ou sur une voie d’insertion.

La 5G s’invitera également dans les foyers avec des améliorations de connectivité utiles pour la sécurité des personnes en situation de handicap. Les personnes atteintes de surdité pourront par exemple bénéficier d’implants cochléaires connectés, tandis que des capteurs placés dans les domiciles alerteront les secours en cas d’accident.

IOT devices

PME

Avec l’explosion des objets connectés, c’est un nouveau terrain de jeu qui s’ouvre pour les petites et moyennes entreprises. Et pour cause, l’e-commerce offre aux PME des perspectives de croissance extrêmement lucratives. Le cabinet Statista estime ainsi que les « revenus issus du commerce en ligne atteindront 6 540 milliards de dollars américains d’ici la fin de l’année 2022 ». La forte interconnectivité de la 5G, en particulier, rendra ici possible un grand nombre d’innovations.

Santé

Nos systèmes de santé devraient eux aussi subir d’importantes transformations. Un mot d’abord sur les machines à IRM, qui produisent des fichiers d’images pouvant atteindre jusqu’à 1 Go. L’envoi de ces fichiers grève considérablement les infrastructures réseau actuelles. Au final, les analyses médicales tournent au ralenti, ce qui réduit d’autant les capacités d’accueil des centres d’imagerie. Là encore, la 5G devrait tomber à point nommé.

Autre grand chantier à l’horizon : la télémédecine, qui promet une ouverture sans précédent de l’accès aux soins, devrait poursuivre son embellie. Les analystes tablent ainsi sur une croissance de 16,5 % entre 2017 et 2023. Or, qui dit croissance dit bien sûr développement des infrastructures sous-jacentes.

Mentionnons enfin les mutations liées à l’intelligence artificielle. Les algorithmes employés utilisent une vaste quantité de données pour prévoir les risques et les diagnostics de certains patients. Et leur vitesse de calcul est intimement liée à la rapidité du réseau. La 5G permettra aux machines d’apprendre plus vite et contribuera donc à la santé du plus grand nombre.

Agriculture

La 5G devrait aussi donner un coup de fouet à l’un des plus vieux secteurs : l’agriculture.

Au moyen de colliers intelligents connectés à la 5G, les éleveurs pourront surveiller en temps réel la localisation et la santé de leurs bêtes. Ils pourront également s’informer de leur alimentation, de leur sommeil et d’éventuels problèmes de santé. Ce dernier point permettra entre autres de limiter la propagation des infections. Pour les éleveurs, les gains d’efficacité seront indéniables.

Dans un monde en pleine expansion, l’automatisation jouera un rôle capital. Prenez par exemple les besoins de production alimentaire qui, selon des études, devraient grimper de 70 % entre 2009 et 2050. La 5G sera une pièce maîtresse dans le nouvel édifice de la production automatisée. Du tracteur autonome (pour travailler le sol) jusqu’au drone (pour inspecter les cultures), la 5G et les innovations qu’elle permet redessineront chaque facette du secteur agricole.

drone crop dusting in fields

Théories du complot et autres défis potentiels liés à la 5G

Devant un tableau aussi flatteur, difficile d’imaginer que la 5G ait pu déclencher de tels incendies. Mais la nature humaine est ainsi faite et, lorsqu’un accident survient, des coupables sont désignés. La pandémie du COVID-19 s’est accompagnée d’un vent de confusion sur la situation sanitaire et les causes de la maladie. Il n’en fallait pas plus pour que la raison et la logique le cèdent à la frayeur.

Le 20 janvier 2020, une frange complotiste soutient que la 5G serait responsable du virus et avance cette preuve irréfutable : la pandémie a éclaté à Wuhan juste après la construction de tours 5G. Aucune source crédible n’a bien sûr pu confirmer ces déclarations qui sont surtout l’expression de peurs.

Malheureusement, les rumeurs de ce genre se propagent parfois très vite. C’est ainsi qu’au mois d’avril, des complotistes européens ont mis le feu à des tours de télécommunications. Une mésaventure qui pourrait bien retarder la diffusion de connaissances techniques si précieuses, notamment dans le domaine médical, en dépit des pas de géants faits par la 5G ces dix dernières années. 

Il existe pourtant, à côté des allégations creuses évoquées ci-dessus, des préoccupations légitimes autour de la 5G. Sur le terrain de la cybersécurité notamment, où l’essor de l’IoT s’accompagne d’une pléthore d’appareils connectés aux protocoles de sécurité pas toujours fiables, ce qui en fait des cibles idéales pour les hackers.

Vous pensez peut-être que le piratage de votre smart TV est sans grande incidence ? Détrompez-vous. Si votre ordinateur reconnaît votre téléviseur comme un appareil de confiance, alors les hackers auront toutes les raisons de s’y intéresser. Au reste, la vitesse du réseau 5G jouera en leur faveur pour vous dérober des informations. Une raison plus que suffisante pour ne pas baisser la garde.

Devant l’expansion de ce nouvel univers connecté, la cybersécurité devra rester une préoccupation centrale.

Retrouvez l'article dans son intégralité sur le site du Journal du Net.

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